M. Barzani dément des exactions contre arabes et turcophones en pays kurde
BAGDAD, 20 juin (AFP) - 11h19 - Le nouveau président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a démenti lundi les informations faisant état d'exactions contre les minorités arabe et turcophone de la part de Kurdes dans le nord de l'Irak.
"Les informations publiées par le Washington Post sont sans fondement et les accusations qui sont proférées sont fausses", a-t-il affirmé à Bagdad lors d'une conférence de presse.
Mercredi, le Washington Post avait affirmé que des Kurdes avaient arrêté sommairement à Kirkouk et conduit manu militari des centaines de membres des communautés arabe et turcophone vers les prisons d'Erbil et Souleimaniyah avec le soutien des forces américaines.
Des responsables américains se sont déclarés "très inquiets" à la suite de ces informations.
"Nous avons obtenu des informations crédibles et sérieuses sur des arrestations et détentions de personnes dans le nord de l'Irak", a déclaré un porte-parole américain.
"Ces allégations et informations sont très inquiétantes, et nous avons manifesté notre inquiétude auprès des autorités impliquées ou présumées impliquées", a-t-il dit, sans nommer formellement les Kurdes.
Un responsable du département d'Etat qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat a toutefois désigné la communauté kurde comme étant responsable des exactions.
Pour M. Barzani, "l'armée américaine a arrêté des suspects à Kirkouk et dans d'autres régions et elle a demandé de les envoyer à Erbil pour un temps précis jusqu'à la fin des interrogatoires ou jusqu'au moment où les Américains les reprennent".
Il n'a toutefois pas précisé qui menait les interrogatoires.
"Nous n'avons arrêté personne et tous ceux qui ont été transférés à Erbil l'ont été à la demande insistante des Américains et ces derniers les reprennent ensuite", a ajouté M. Barzani.
Le porte-parole du département d'Etat Sean McCormack a démenti catégoriquement toute implication américaine dans ces actes.
"Les forces de la coalition, selon tout ce que j'ai à ma disposition, non seulement n'étaient pas impliquées dans ces actes, mais se sont même vivement inquiétées de ces informations", a-t-il dit.