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Syrie: congrès du parti Baas sur fond de statu quo politique


WWW.MENARA.MA - 7 juin 2005 — Alors que les premières déclarations du congrès du parti bassiste en Syrie ne laissent présager aucun espoir d’ouverture politique du régime, l'un des plus hauts dignitaires du parti, le vice-président syrien Abdel Halim Khaddam, présente sa démission.


Syrie: le vice-président présente sa démission. L'une des principales figures de la "vieille garde" du Baas, le vice-président syrien Abdel Halim Khaddam, a présenté sa démission au premier jour du congrès du parti au pouvoir, qui poursuivait ses travaux mardi

Devant un parterre de plus d’un millier de délégués du parti Baas, le président syrien Bachar el-Assad, est resté fidèle à la réputation du régime autoritaire qu’il dirige. Au pouvoir depuis 1963, le parti Baas ne semble pas encore prêt à ouvrir le champ politique aux autres forces du pays.

Bien qu’ayant, lors de ce dixième congrès national du parti Baas, évoqué la possibilité « d'élargir la participation populaire », en l'associant « à la prise de décision » à travers « une plus grande ouverture en direction des forces nationales », le président el-Assad est loin d’avoir entrepris le « grand bond en avant » promis lors d`un discours au parlement en mars dernier.

En effet, le successeur et fils de Hafez el-Assad a, d’entrée, clairement délimité le cadre de cette importante rencontre en insistant sur le rôle « essentiel » que continuera à jouer son parti.

Pourtant, le pouvoir en place à Damas a un besoin de sérieux réformes. En effet, si les dirigeants parviennent toujours à étouffer les velléités de démocratisation internes, il en est autrement de la pression internationale qui s’est accentuée depuis l’enclenchement de la « guerre contre le terrorisme » et la chute du régime « frère-ennemi » bassiste de Saddam Hussein.

La Syrie est, aujourd’hui plus que jamais, dans le collimateur de l’administration Bush qui la soupçonne d’alimenter la résistance en Irak. Présenté par les Etats-Unis comme un obstacle à leur campagne de « démocratisation » du monde arabe, le régime syrien a tout intérêt à évoluer, d’autant plus qu’il vient de perdre une bataille au Liban.

En évacuant, sous la pression de Washington et Paris, ses troupes du Liban, la Syrie - soupçonnée d’avoir commanditée l’assassinat de Raffic Hariri - perd incontestablement de son influence régionale déjà largement compromise par son nouveau voisinage avec l'armée américaine.

Ces pressions et les quelques promesses d’une ouverture faites par Bechar el-Assad à la veille de la tenue de ce congrès laissaient envisager des déclarations dans le sens d’une décompression de la vie politique en Syrie.

Ce qui n’est pas le cas puisque Bachar el-Assad a envoyé dès le début de cette réunion (qui doit se terminer jeudi) des signaux clairs aux opposants en leur rappelant que l’hégémonisme de la structure politique bassiste reste la condition non-négociable de tout « changement ».

El-Assad a en outre démenti les rumeurs de suppression de l'article 8, qui donne au Baas la direction de la politique et de la société : « Je vous appelle à consacrer le rôle du Baas, à développer son idéologie et à moderniser son projet social (...). Nous sommes convaincus que les idées et les préceptes du Baas sont toujours d'actualité et répondent aux intérêts du peuple et de la nation », a-t-il affirmé lors de son discours.

Ce congrès intervient alors que de nombreuses atteintes aux droit de l’homme sont relevées dans le pays, notamment vis-à-vis des Kurdes. Point de changement donc dans l’horizon politique syrien, le système répressif bassiste veille à la bonne application de l’équation el-Assad.



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